Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
Comme partout (car le contexte de compétition à tous les niveaux dans lequel nous vivons peut être considéré comme une forme de guerre...) c'est la guerre dans le domaine des semences.
Il est apparu indispensable de garantir la qualité des semences dans les années 1950, ce qui a conduit à instaurer une certification officielle et obligatoire.
On comprendra cette nécessité d'une certitude d'échanger des semences répondant à des spécifications bien déterminées lorsqu'il s'agit de produire des végétaux devant eux-même satisfaire des critères précis, par exemple un blé tendre ayant des caractéristiques le destinant à un usage déterminé.
La nécessité de certitude se traduit donc par des contrôles qui permettent une certification : La certification des semences.
La certification est coûteuse, elle s'applique à chaque variété, de ce fait elle ne concernera que des semences pour lesquelles le coût de certification pourra être amorti sur le montant des transactions concernant chaque variété.
On voit ici la limite du système, qui trouve dans le coût un facteur limitant : toute variété pour laquelle on ne pourra espérer un volume de transaction susceptible d'amortir le coût de certification ne sera probablement pas l'objet d'une certification, à moins qu'un mécène ou une personne ne sachant pas vraiment compter ne soit décidé à payer.
Or l'agriculture ne date pas d'hier, la sélection non plus et nous disposons d'un très grand nombre d'espèces à l'intérieur desquelles on trouvera également un très grand nombre de variétés qui font partie à la fois de notre histoire et de la biodiversité.
De notre histoire avec une forte composante géographique car la sélection et les croisements s'effectuaient toujours et partout depuis longtemps, donnant des variétés différentes dans chaque région, chaque micro-climat.
Pour ce qui est de la biodiversité chaque variété a privilégié l'expression de certains gènes, certains devenant plus actifs ou plus silencieux que d'autres, certains étant conservés d'autres disparaissant...
Toutes les variétés d'une même espèce ne contenant pas les même gènes, il faut disposer de toutes les variétés existantes pour disposer de tous les gènes : on voit donc qu'il est important pour la biodiversité de conserver TOUTES les espèces et TOUTES les variétés, la meilleur façon d'y parvenir étant encore de les cultiver.
Mais on voit que la loi interdit de commercialiser des semences non certifiées, et ce qu'elles produiraient : l'interdiction s'applique aux produits d'une agriculture que n'utiliserait pas des semences certifiées.
Cela revient à interdire toute initiative qui permettrait à ces semences de bénéficier de bonnes garanties d'être conservées, maintenues vivantes, leur utilisation ne permettant aucun échange et se limitant au mieux au jardin de quelques passionnés.
Il suffit qu'il n'y ait qu'un passionné détenant les semences de quelques variétés et que son jardin soit détruit par quelque catastrophe (inondation par exemple, emportant les cultures et le cabanon où seraient stockées les semences) pour que des variétés soient peut-être irrémédiablement perdues, à moins qu'elles soient représentées dans quelque banque de semences qui, elles mêmes et à elles seules, ne peuvent nous garantir une certitude absolue de pérennité...
Les interdictions portant sur les semences non certifiées apparaissent donc d'une force démesurée par rapport aux différents enjeux.
Dans cette affaire, comme on le voit sur la page du GNIS (lien ci-dessus), les semenciers ont récupéré toute la mise et tous les gains : poussant à une nécessaire certification ils ont obtenu qu'elle s'applique à toutes les semences et contrôlent en grande partie la filière de certification :
L'examen des faits montre que le système français offre plus de garanties que ses homologues étrangers. La profession s'impose des règles plus sévères que celles auxquelles elle doit se conformer (système OCDE et directives européennes).
En effet la sévérité est portée à son maximum mais elle conduit à ce que les quelques (rares et d'une grande puissance financière) firmes du secteurs soient les seules sources autorisées de semences : elles possèdent l'intégralité de ce marché et l'on peut supposer que l'un de leurs buts essentiels est ainsi atteint, en limitant le nombre de concurrents.
On sait que le Brocoli est une espèce particulière de chou obtenue par les Romains à partir du chou sauvage, et qu'il a des vertus particulières et multiples du point de vue de la santé qui ne se retrouvent pas dans d'autres variétés de brassicacées.
On peut supposer que parmi toutes les variétés interdites à la commercialisation car non certifiées un certain nombre de fruits et légumes seraient susceptibles de présenter des vertus particulières : nous en sommes donc privés.
Par exemple n'y aurait-il pas des variétés qui produiraient des taux plus élevés de salvestrols, molécules récemment découvertes capables de prévenir l'apparition de cancers et peut-être de guérir cette maladie ?
C'est ce que pense une équipe de chercheurs anglais : Des fruits biologiques contre le cancer ?.
Et soulignons ici que l'agriculture intensive produit des fruits et légumes appauvris en salvestrols... ce qui justifierait amplement une transition vers l'agriculture biologique !
Parce-qu'ils organisent la conservation, sous sa meilleurs forme c'est à dire la mise en culture continue, des espèces non certifiées, les sauveurs de biodiversité, ici l'association Kokopelli (voir le menu de navigation et le site de l'association), viennent une fois de plus d'être poursuivis en justice et condamnés à une lourde peine.
Sauveurs de biodiversité, mais aussi peut-être de nos santés, comme nous venons de l'envisager.
L'état de la législation sur les semences en France, s'il garantit un bon niveau de qualité aux semences destinées aux grandes cultures, n'est donc pas satisfaisant.
Préservation de la biodiversité par la culture et les échanges portant sur les espèces rares et / ou anciennes et préservations de nos santés peuvent constituer deux objectifs forts pour demander une modification de la législation, ce à quoi il faudrait ajouter quelques autre considérations.
Nous pouvons aussi défendre l'idée de l'esthétique : pouvoir disposer à l'étal du marché de tomates jaunes, noires, roses, striées, marbrées vert et or... peut être considéré comme un avantage d'un point de vue culturel.
Ne laissons pas de côté le goût : de nombreuses variétés non certifiées ont des goûts particuliers, qui peuvent faire la richesse de nos repas et réjouir tout gastronome.
Une double labellisation permettrait de nous restituer cette richesse abusivement confisquée.
Elle consisterait à utiliser un label destiné à mentionner la certification par les organismes appropriés pour toutes les semences destinées aux grandes cultures, et un label différent, mentionnant la non certification, qui laisserait donc à l'acheteur des semences la responsabilité d'affronter l'incertitude que sous entend la non certification.
Il serait alors possible à chaque acteur d'une transaction de savoir exactement dans quel domaine il se trouve : celui d'une garantie ou celui d'une absence relative de garantie.
Et les produits obtenus des semences non certifiées auraient le droit d'être commercialisés : c'est probablement le moins que l'on puisse faire aujourd'hui d'un point de vue sanitaire s'il est avéré que les salvestrols ont de réels effets anti-cancéreux, car notre agriculture "productiviste" est à l'origine de dizaines de milliers de nouveaux cas de cancers chaque années en France, du fait de ses systématiques abus de pesticides...
Présidentielles : ces candidats qui nous feront la p'eau... l'écologie est-elle un gadget ?
Par oudin l r, le Jeudi 14 Août 2008 à 22 h 20 mn. IP : xxx.x1.161.59
Le Museum d'Histoire Naturel (Paris)possède des chercheurs scientifiques et je le pense capable de répertorier des semences pour leur donner une certaine garantie leur permettant d'être commercialisées. Je pense qu'il pourrait jouer un rôle pour atténuer les contraintes abusives de la loi
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