Les "point G" de mes surfs.
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La prise en compte du seul PIB, par conséquent de la seule valeur de la production interne de biens et services d'un pays, fournit une image de ce qui est à l'oeuvre dans ce pays d'un point de vue volumétrique en matière économique mais ne reflète en rien la qualité de cette économie, et encore moins la qualité de vie dans le pays.
En effet le PIB peut se trouver renforcé par les conséquences de nombreuses formes de "déséquilibres" ou "d'anomalies" : par exemple un taux élevé d'accidents (de la route, industriels...) provoquera un accroissement du PIB tandis que la qualité de la vie aura été diminuée par ces accidents.
Le PIB pourra donc mesurer une "prospérité économique" positive imputable à des événements regrettables.
Par ailleurs le PIB n'indique ni la valeur de l'actif détenu ni le montant des dettes contractées.
Afin de remédier à ce défaut inhérent à la structure même de ce PIB de nombreux travaux ont été conduits pour mettre au point d'autres indicateurs qui fourniraient données manquantes.
Ces indicateurs pourraient se substituer au PIB ou le compléter, notamment dans l'objectif de mesurer le bien-être social et économique.
On lira avec intérêt : Le produit intérieur brut et les autres indicateurs sociaux et économiques
Il s'y discute notamment de la question de disposer d'un seul chiffre ou d'un tableau de bord afin de
brosser le tableau nuancé du monde dont on a besoin pour prendre des décisions judicieuses. Aussi, même s'il serait souhaitable pour des raisons de simplicité de disposer d'un seul chiffre, il pourrait être plus pratique de se doter d'une sorte de « tableau de bord », comme le suggère l'Institut international de développement durable, de Winnipeg (www.iisd.ca). A l'instar du tableau de bord d'un véhicule qui regroupe un compteur de vitesse, un compteur kilométrique et un tachymètre, ainsi que plusieurs témoins d'alerte, le modèle de tableau de bord proposé comporterait plusieurs indicateurs, notamment le PIB, les mesures de pollution, les comptes de ressource et les niveaux de criminalité, ce qui permettrait de pouvoir mieux prendre le pouls d'un pays. On aurait ainsi une meilleure idée du niveau de bien-être social et l'on éviterait la simplification exagérée qui va avec l'utilisation d'un seul chiffre.
Mais une question clef est également soulevée :
Le recours à un autre indicateur rencontre l'inertie des autorités nationales et internationales. Le Système de comptabilité nationale est utilisé, cité et peaufiné depuis plus de 50 ans un peu partout au monde. Tous les pays acceptent le PIB comme une mesure de l'activité économique et, du Canada à la Chine, on cherche à en répandre l'usage. Par conséquent, toute modification en profondeur de cet indicateur est peu probable parce qu'il est nécessaire d'avoir un outil permettant des comparaisons internationales.
J'ai évoqué cette question dans la section "Equilibres" : cette inertie est un frein considérable à un changement aussi impératif qu'urgent.
Je ne ferai pas ici l'inventaire ou l'analyse des principaux indicateurs en chantier, et j'aborderai cette question sous un autre angle.
Changer d'outil de diagnostic n'est pas innocent : c'est un moyen de mieux connaître l'impact de nos actions et de les moduler en fonction des objectifs que nous souhaitons atteindre : c'est le moyen d'initier des changements que nous jugerons bénéfiques.
On conçoit bien la nécessité de limiter nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui implique un nombre considérables de changements.
Quel que soit l'objectif d'un changement il correspond toujours à une certaine forme de "sacrifice" : délaisser une "solution d'hier" au profit d'une "solution de demain" est sacrifier la "solution d'hier", et ce sacrifice peut nous réjouir du fait que la nouvelle solution nous procurera plus d'avantages que l'ancienne.
Cette réduction de nos émissions de polluants de toutes sortes nous obligera à des sacrifices et nous n'accepterons ces sacrifices que pour autant que nous les jugerons à un titre ou à un autre "profitables".
"Nous", c'est ici chacun d'entre nous, aussi bien les gouvernants que les gouvernés, les marchands de "solutions d'hier" ou de "solutions de demain".
Or nous avons vu à divers propos (nucléaire, OGM...) que gouvernants et gouvernés pouvaient avoir de profondes divergences de vues.
D'où proviennent-elles ?
D'un facteur socio-culturel, d'une répartition de l'information sélective, d'une compréhension différente d'une information identique, de l'utilisation par les uns d'outils dont les autres ne disposeraient pas ou même des pressions exercées sur ces gouvernants de la part de représentants d'intérêts plus ou moins compatibles avec l'intérêt général ?
Il faut tenter de résoudre ce fossé : que chacun puisse disposer des mêmes informations, puisse se mettre d'accord sur la façon de les interpréter et puisse disposer des outils d'évaluation susceptibles de fournir des indications d'un bon niveau de fiabilité.
Le statut d'une personne adulte est théoriquement d'être citoyenne et d'exercer cette citoyenneté : elle implique de pouvoir se prononcer sur un ensemble de questions en toute connaissance de cause.
La citoyenneté n'étant liée a aucun niveau d'étude ou de faculté mentale (pour toute personne réputée "saine d'esprit") chacun doit donc disposer des outils nécessaire à la compréhension de la société.
Il faut donc exclure que l'utilisation d'un indicateur (ou système d'indicateurs) destiné à renseigner des conditions régnantes puisse nécessiter une maîtrise de mathématique ou quelque qualification spéciale.
L'outil de base au service de tous doit être simple à comprendre et à manipuler.
La qualité principale d'un système d'indicateur n'est peut-être pas de mettre en évidence de façon exhaustive l'ensemble des paramètres de nos sociétés avec une précision extrême mais de permettre à tous de se faire une opinion aussi réaliste que possible d'un certain nombre de réalités et de pouvoir, grâce à cette prise de connaissance, de conscience, y réagir.
Notre destin à tous étant en cause il n'est pas souhaitable que la politique soit le siège d'un unique courant, descendant, du gouvernant au gouverné : il faut qu'existe un double courant continu entre ces deux pôles et que ces courants puissent interagir de façon constructive.
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