Les "point G" de mes surfs.
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Manger, de la nécessité au plaisir, pour sa santé ou jusqu'à s'en rendre malade, nourriture saine ou "malbouffe"...
L'alimentation a toujours été l'un des problèmes majeurs des humains qui, bien qu'omnivores, ne peuvent s'alimenter correctement qu'en effectuant un choix très fin parmi tout ce dont ils disposent comme aliments.
Ceci bien entendu lorsque ce choix leur est offert et au 21ème siècle on meurt encore de faim et de carences alimentaires dans de nombreuses régions du monde.
Une des premières conditions pour s'alimenter est donc de disposer d'aliments, en quantité, en variété, en qualité suffisante et cela quotidiennement.
L'enjeu alimentaire naît très loin en amont de l'assiette, il est lié à de très nombreux paramètres qui peuvent être locaux, historiques, religieux, commerciaux, sociaux, économiques, techniques...
Si les paramètres locaux ont très longtemps constitué des facteurs dominants dans la plupart des sociétés l'évolution d'un certain nombre de techniques a petit à petit contribué à généraliser, "délocaliser" un certain nombre de ces paramètres de l'alimentation.
Ainsi la pêche de la morue et du hareng, et l'évolution des procédés de conservation de ces poissons, ont très tôt introduit une dimension de dépendance à des produits de provenance lointaine dans nos sociétés, et rappelons ici que ces poissons étaient distribués un peu partout en Europe il y a bien des siècles.
Les pays asiatiques ont très longtemps privilégié le riz pour leur alimentation alors que les européens utilisaient préférentiellement le blé, un blé qui a été amélioré par sélection depuis la nuit des temps avec diverses conséquences.
Des conséquences purement agricoles (et affectant l'économie de l'agriculture, la disponibilité de cette céréales pour les populations...) mais aussi des conséquences sanitaires et l'intolérance au gluten semble avoir été identifiée en Europe dans le courant du 19ème siècle : elle affecterait entre 3 et 5% de la population occidentale, serait relativement mal identifiée chez un certain nombre de personnes (et particulièrement en France à ce qu'il semble) et pourrait être imputable à l'accroissement de la masse moléculaire du gluten, qui serait devenu de plus en plus dense au fil des sélections et ce ce fait de moins en moins digeste pour des personnes présentant certaines fragilités.
Cette intolérance est à peu près inconnue en Asie (et pour cause : le riz ne peut la provoquer) mais l'Asie modifie son alimentation en y introduisant de plus en plus de blé.
L'intolérance au gluten provoque une destruction des parois intestinales : c'est donc une maladie grave pour laquelle le seul remède consiste à ne jamais consommer certaines céréales.
On voit donc ici que le choix d'une alimentation dépend étroitement d'un grand nombre de facteurs dont il est difficile de donner un inventaire complet mais qui représentent tous un enjeu personnel et un enjeu de société d'une importance équivalente : on peut vivre ou mourir de son alimentation, au niveau individuel comme au niveau de l'ensemble d'une société, et la tendance à la généralisation de l'obésité en fournit une autre illustration.
Les problèmes alimentaires, dans notre "monde mondialisé", et plus mondialisé que jamais, doivent donc être examinés du niveau "microscopique" qui sera celui de la protéine présente ou non dans l'aliment que l'on consommera (gliadines ou non pour les intolérants au gluten par exemple), celui de son alimentation personnelle, équilibrée ou non, au niveau macroscopique qui sera celui des échanges internationaux, des petites et grandes cultures locales ou distantes et des techniques auxquelles elle feront appel, des conséquences de chacune de ces cultures à la fois sur les lieux où elles seront pratiquées, sur les consommateurs de ses produits et sur les divers échanges auxquelles elles donneront lieu.
De quels échanges s'agit-il ?
Des échanges entre lithosphère et biosphère avec l'importation par avion, quotidiennement, de fraises, haricots verts frais etc... provenant de l'autre bout du monde et donnant lieu à une consommation de ressources énergétiques fossiles qui renforcent l'effet de serre dont nous avons tant à redouter.
Des échanges entre les sols et l'atmosphère, les sols produisant ces aliments qui nouriront le bétail qui, lui-même, émettra de grandes quantités de gaz à effet de serre : plus nous mangeons de viande plus nous accroissons la teneur de l'atmosphère en CO2 !
Nous devons donc nous demander : si la viande est indispensable à notre équilibre alimentaire, quelle est la limite acceptable de cette consommation afin que soient à la fois respectées la nécessité de notre alimentation correcte et celle d'une diminution de gaz à effet de serre ?
Et ce n'est là qu'une question parmi tant d'autres !
S'il est indispensable que l'agriculture soit un travail qui apporte une revenu correct aux agriculteurs il faut se souvenir que cette activité doit se faire au bénéfice global de l'humanité, et non qu'elle soit une cause de destruction.
Or nous constatons que l'agriculture peut détruire, et l'utilisation de produits, citons juste le chlordécone qui empoisonne gravement et pour très longtemps des terres où est cultivée la banane, ou de techniques peut donner des résultats déplorables d'un point de vue sanitaire tout en assurant des revenus agricole plus ou moins corrects.
Ainsi l'agriculture "intensive" nous fournit des fruits et légumes de fort belle présentation mais qui semblent notablement appauvris en certaines molécules, les salvestrols, d'une importance capitale pour nos santés : seule l'agriculture biologique pourrait produire à la fois des fruits et légumes qui ne soient pas à moitié vides de ces substances et un revenu correct aux agriculteurs.
On voit donc que le choix d'un mode d'alimentation, d'un régime alimentaire, n'est pas simple mais que ce choix peut avoir des répercussions très personnelles autant que collectives : un mouvement massif des consommateurs vers des produits d'une agriculture biologique aurait de nombreuses conséquences, jusqu'à la pollution de nos nappes phréatiques.
A l'heure où tous les produits du monde (ou presque) s'étalent sur nos marchés, nos choix personnels nous engagent doublement, du point de vue de ce qui fera notre prochain repas et améliorera ou non notre santé, du point de vue général, mondial, avec les conséquences en termes macro économiques de ces choix.
Le jour où quelques rares personnes achèteront des fraises en hiver, produites à l'autre bout du monde et acheminée par avions, les importateurs cesseront ce commerce, il ne sera plus rentable puisque le volume ne sera plus au rendez-vous pour assurer cette rentabilité.
Dans bien des cas le tarissement de la demande par l'initiative du consommateur suffirait à éviter les inconvénients graves que présentent certains produits.
Ainsi certains recommandent des régimes d'où certains produits sont plus ou moins totalement absents, en particulier la viande.
Ce sera le cas du régime méditerranéen ou "crétois" dans lequel on donne plus de d'importance au poisson qu'aux viandes rouges.
Les végétariens bannissent de leur alimentation toute chair animale, terrestre ou marine, et il existe plusieurs obédience du végétarisme, plus ou moins restrictives.
On verra avec les végétaliens l'absence absolue de tout produit d'origine animale.
Ces écoles sont plus ou moins fortement controversées par certains nutritionnistes, elles peuvent présenter des avantages comme des inconvénients du point de vue de la santé selon que la ration alimentaire sera ou non équilibrée.
Du point de vue de l'impact global de ce type de régime on peut avancer qu'il est bénéfique par sa minimisation du rôle de la viande, et les personnes qui les pratiquent sont en général beaucoup plus attentives à la qualité et à la provenance des produits qu'ils consomment.
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